En avril dernier, Chantiers-Passerelles a animé un stage de 2 semaines construit à l’initiative du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de Drôme-Ardèche après repérage des besoins sur son territoire. Il était destiné à des personnes placées sous main de justice, et ce notamment dans le cadre d’un TIG mais également à des personnes volontaires qui n’avaient aucune obligation. Le SPIP, à travers l’équipe des actions collectives, et Chantiers-Passerelles se sont associés pour construire et animer une première expérience de stage collectif sur le thème « Parcours de désistance ; comment vivre ensemble ?« .

L’action a été financée par le SPIP de Drôme-Ardèche, le fondation du Groupe UP et le Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance, avec également l’appui de l’UNASS Drôme-Ardèche.

Qui étaient les participants au stage ?

Le public concerné par ce stage était constitué de :
– 11 participants (10 hommes et 1 femme, âgé(e)s de 19 à 55 ans)
– orientés par le SPIP principalement dans le cadre d’un TIG. Quelques personnes suivies par le SPIP dans le cadre d’une autre mesure ont en outre participé volontairement à ce stage.
– exprimant le besoin de mieux harmoniser projet de vie personnel et vie en collectivité

La diversité des profils des participants leur a notamment permis de se projeter et de susciter une plus grande tolérance les uns envers les autres. Ce format représente pour le groupe un défi à relever et c’est ici une réussite puisque les participants se sont tous mobilisés du début à la fin, à l’exception d’une personne qui s’est rendu compte, dès la première heure, que le stage ne conviendrait pas à ses attentes.

Sélection des participants : un important travail d’orientation et de sélection a été mené par les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation avec repérage d’une cinquantaine de personnes et invitation de 26 personnes à une information collective. A la suite de quoi 11 participants ont finalement été sélectionnés.

Les participants étaient particulièrement orientés sur cette action pour leur difficulté à respecter le cadre, à respecter la loi. Les participants ont d’ailleurs signé un contrat « moral » d’engagement à participer au stage et à en respecter les modalités.

 

Le stage : objectifs et contenu

Le stage vient s’inscrire en complémentarité du suivi réalisé par les personnels du SPIP dans le cadre de la mesure exécutée. Il propose des temps collectifs pour aborder le rapport de la personne à son environnement social, professionnel et familial et à soi par le biais d’ateliers thématiques.

Au programme, différents ateliers et sorties pour travailler ensemble sur les leviers de la désistance (processus de sortie de la délinquance). Un travail de fond a été réalisé sur les savoir-être, permettant par ce biais de réfléchir à la question : « comment vivre ensemble ».

Parmi les ateliers effectués, les thématiques suivantes ont par exemple été abordées :

  • Comprendre son environnement : comment se repérer en ville, comment se déplacer sereinement, en préparant à l’avance ses trajets et en utilisant le tissu de transports urbains à disposition
  • Organisation d’une visite des archives départementales : permettre la découverte de ces lieux de partage de données pour tous et de l’histoire locale
  • Trouver sa place dans la société : échanger en groupe sur les questions d’identité, formuler ses envies pour la société, identifier ses relations, son réseau et leur impact ;
  • Travail sur le rapport à soi et à l’autre : Quelle image je pense donner de moi, je souhaite donner de moi et qu’est-ce que l’autre en perçoit ? Et moi, comment je perçois l’autre ?
  • Organisation d’une visite du stade de rugbypermettant des échanges autour des règles, grâce au témoignage d’un arbitre de rugby et organisée par un des conseillers pénitentiaires. Un repas partagé lors de cette journée a permis de travailler sur la cohésion d’équipe.
  • Trouver sa juste place professionnelle: intervention de l’association Co-naissances pour identifier et mettre en valeur ses talents, s’approprier les clés pour avancer sur son projet professionnel
  • Atelier d’improvisation théâtrale: intervention d’un comédien pour prendre conscience par la théorie et la pratique, de l’importance d’une communication apaisée
  • Une initiation aux gestes qui sauventétait inclue dans le stage, animée par l’UNASS Drôme-Ardèche, à la suite de quoi les participants se sont vu offrir par le SPIP la possibilité de passer leur PSC1 (brevet de secourisme) avec l’UNASS Drôme-Ardèche. Ce travail renforçant la notion de solidarité et validant formellement une compétence.

Enjeux et difficultés du travail en groupe

L’animation de ce stage collectif ne fut pas de tout repos, et il fallut toute l’énergie des animateurs et des professionnels du SPIP pour mener ce stage au bout avec quasiment l’ensemble des participants (un stagiaire a quitté le groupe dès la 1ère matinée).

En effet, ce stage fut l’occasion de travailler sur des règles de courtoisie qui pourraient paraître élémentaires (respect des horaires et des intervenants notamment) mais qui ne sont pas forcément partagées par tous.

Ce stage a aussi été le lieu d’une confrontation de valeurs et de jugements entre deux générations, confrontation qui a poussé l’ensemble des participants à faire preuve d’humilité et de modestie et de mettre de côté certains préjugés. A l’issue des deux semaines, un groupe bien plus soudé avait pu être construit et c’est sans doute la plus grande satisfaction de ce stage.

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